Civitas appelle ses disciples à harceler Arte afin d'empêcher la diffusion de Tomboy prévue ce soir.
Vous aussi, vous pouvez jouer avec Civitas en envoyant un mail (pas
d'injures, pas de menaces, pas de violence verbale, rien de ce qui peut
être condamnable par un tribunal) avec cette image :
http://ouiouioui.org/img/homophobes.pdf
Pour joindre Civitas c'est ici :
http://www.civitas-institut.com/component/option,com_contact/task,view/contact_id,2/Itemid,114/
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mercredi 19 février 2014
mercredi 12 février 2014
PS : on attend le médecin légiste
Il est communément admis que le gouvernement, et par extension les socialistes, reculeraient sur leurs engagements et promesses de campagne sous la pression des opposants à leurs projets.
Il faudrait dès lors imputer ces reculs soit à un manque de courage, soit à la volonté si ce n’est de satisfaire ces opposants, au moins de les apaiser.
Face à ces choix du gouvernement, une partie des sympathisants de gauche répond par la résignation - compte-tenu de l’exacerbation des colères et des difficultés économiques, il n’y aurait pas d’alternative au compromis et à la temporisation – tandis que d’autres expriment une incompréhension grandissante.
Cette incompréhension progresse à partir de deux constats : le gouvernement s’adresserait à un électorat qui n’est pas le sien et qu’il ne sera jamais en mesure de conquérir. De plus, ce calcul ne produit pas la pacification promise. Au contraire les mouvements de contestation s’inscrivent peu à peu dans la durée et multiplient les manifestations d’hostilité, élargissant chaque jour le registre de leurs prétentions.
Cependant il me semble que relier les reniements socialistes à la seule puissance des manifestations réactionnaires est non seulement réducteur mais surtout erroné.
François Hollande n’est ni stupide, ni aveugle et encore moins dépourvu de sens tactique. Il serait naïf d’imaginer que sa politique viserait à séduire, même si peu que ce soit, la frange la plus réactionnaire de la droite.
Et ce n’est pas la force de nuisance de celle-ci qui le contraint à abandonner un projet de société qui lui tiendrait à cœur quand il recule sur la PMA, la démédicalisation et déjudiciarisation du changement d’état civil pour les personnes trans ou la loi Famille. Il n’a d’ailleurs pas attendu l’émergence de la Manif pour tous, pour s’inscrire dans une stratégie qui doit conduire, selon ses analyses, à un second quinquennat socialiste.
Cette stratégie repose sur le fait minoritaire de la gauche dans le pays. Une gauche dont l’impuissance collective à imposer ses schèmes conduit le Président de la République à estimer qu’une réélection ne saurait être possible qu’à condition d’empêcher la droite de s’unir, de récupérer les voix centristes et de convaincre les décideurs économiques qu’une gauche modérée au pouvoir est bien plus à même de leur permettre de mener à bien leur entreprise de démolition libérale de l’Etat qu’une droite dure.
Ratification du traité sur la stabilité,
la coordination et la gouvernance
au sein de l’Union économique et monétaire, ANI (accord national interprofessionnel sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi), réforme des retraites (et bientôt pacte de responsabilité), autant de réformes souhaitées par la droite et le patronat et menées par le gouvernement Ayrault sans qu’aucune grève ou mouvement social d’envergure ne viennent en gêner la mise en œuvre.
Seuls les faits s’imposent. François Hollande ne mène pas une politique socialiste. Il ne mène même pas une politique sociale-démocrate. Non, il mène une politique de centre droit. Economique, sociale et sociétale.
A un moment il faut en tirer les conséquences, le PS n’est pas une force de transformation sociale, au mieux c’est un conservatisme modéré. Il ne trahit pas la gauche, il n’en fait plus partie.
Prétendre qu’il la trahit c’est encore l’aider à entretenir une supercherie.
Face à une droite minée par les divisions internes, privée de ses principaux arguments programmatiques sur le plan économique et poussée par sa fraction la plus archaïque à durcir ses positions sociétales au risque de se couper de ses modérés,
Face à une gauche émiettée, se déchirant dans des rivalités stériles, incapable de tracer des perspectives et de disputer son leadership au PS et un électorat déboussolé à qui l’on ne cesse de répéter qu’il n’existe pas d’alternative,
Il se sert de nos revendications comme d’un chiffon rouge visant à afficher sa modération.
Il se moque de nous comme des réacs qui occupent nos rues. Les uns et les autres ne sommes utiles que pour figurer une ligne médiane susceptible d’incarner une gouvernance raisonnable.
Voilà à quoi servent les messages d’apaisement.
A convaincre la majorité de la population qu’entre deux extrêmes, le PS représente la seule solution responsable.
François Hollande et le PS n’ont guère l’intention de se préoccuper de nos incompréhensions, de notre colère devant ses reniements ou de nos frustrations, ils n’ont qu’un objectif consolider leur centralité sur l’échiquier politique.
Il ne sert à rien d’attendre de leur part qu’ils défendent nos revendications. Nous n’avons pas d’autres solutions que de les porter nous-mêmes, de les faire vivre dans la société sans en rabattre jamais sur nos valeurs, jusqu’à contraindre les partis politiques à les reprendre à leur compte parce qu’il n’est plus de leur intérêt de les ignorer plus longtemps.
La politique n’est rien d’autre qu’un rapport de force.
Plus que des gesticulations d’obscurantistes, c’est de notre impuissance commune à nous mobiliser que naissent les reniements du PS. Dans la lâcheté, l’indifférence et la résignation collective.
Empêtrés dans les difficultés quotidiennes, bridés par un carcan idéologique qui veut nous soumettre, il n’y a pourtant pas d’autres voies que de nous faire, nous-mêmes, acteurs du changement.
Gwen Fauchois
vendredi 24 janvier 2014
mercredi 18 septembre 2013
dimanche 28 avril 2013
mercredi 24 avril 2013
vendredi 19 avril 2013
Une vie lesbienne peut être menée et organisée sans intervention masculine.
Le problème est bien
là. Et l’argument selon
lequel la PMA est
réservée
pour pallier la stérilité pathologique de couples hétéros est fallacieux. En
pratique, un couple hétéro est réputé stérile dès lors qu’il n’arrive pas à
procréer durant deux années, même sans explication médicale. D’ailleurs,
certains ont même eu des enfants sans assis- tance médicale après avoir
bénéficié en vain de PMA, ils n’étaient donc pas si stériles que ça... Mais les
femmes sans hommes, fertiles ou pas, n’y ont pas droit.
Le désir d’enfant nous est, par exemple, reproché. Quel drôle d’argument
! Faudrait-il que nos enfants ne soient pas désirés ? S’agit-il d’un lapsus
exprimant la nostalgie des périodes antérieures à l’avortement et à la
contraception ? À la vérité, on peut surtout y voir une différence de
traitement : qu’une femme ou un couple de lesbiennes veuille concevoir des
enfants est regardé avec suspicion et considéré comme une compulsion égoïste.
Qu’un couple hétérosexuel exprime le même souhait est envisagé comme une
évidence naturelle.
L’injonction à l’hétérosexualité est parfois clairement affichée. «Si
une femme veut tomber enceinte, elle n’a qu’à se lever un mec, boire un le temps
d’un rapport hétérosexuel.» Il est possible que ceux qui profèrent ce genre de
stupidité soient mus par l’espoir inavoué que cela tombe sur eux, en tout cas,
ils donnent clairement à voir le mépris qu’ils ont pour les lesbiennes et leur
sexualité. Qui oserait retourner l’argument : « Messieurs, pour avoir un
enfant, nous vous invitons à vous faire enculer sur la table de la cuisine par
votre meilleur ami pédé. »
Une vie lesbienne peut être menée et organisée sans intervention
masculine. Ne pas être contrainte à la binarité genrée c’est justement l’une
des plus grandes jouissances de notre identité. L’interdiction des PMA pour les
célibataires et lesbiennes résonne comme l’affirmation de la centralité des
hommes dans la société et, par là même, de l’injonction faite aux lesbiennes de
réintégrer le corps social des femmes.
Ce n’est donc pas un hasard si, dans la dernière ligne droite de cette
mobilisation vintage, les lesbiennes se sont mobilisées et ont mené la lutte.
Ce n’est certainement pas le mariage, avec son passé chargé d’oppression
sexiste, qui nous a fait rêver. C’est le principe d’égalité des droits contre
le mépris social, c’est la volonté de nos corps indépendants du contrôle
masculin qui mènent nos exigences. »
*
PMA : insémination artificielle, fécondation in vitro, don d’ovocyte, don de
sperme... Les PMA recouvrent un ensemble de possibilités, c’est pourquoi nous
les employons au pluriel.
Retrouvez l'intégralité du Pecs & Ongles des Panthères Roses ici
http://www.pantheresroses.org/IMG/pdf/pecs-_-ongles-_4.pdf
lundi 21 janvier 2013
Dans "la nature", un couple hétéro sur 10 est tout aussi "stérile" qu'un couple homo.
La PMA, c'est l'assistance médicale a la procréation.
La PMA, c'est l'ensemble des moyens techniques que la science et la médecine mettent en œuvre pour aider un couple a réaliser son désir d'enfant.
On estime que plus de 200 000 enfants ont été conçus grâce a ces techniques. Autant de personnes (ou plus) que la population des villes de Rennes, de Reims, ou encore de Toulon..
Un enfant sur 40 est conçu par des hétéros au moyen de techniques médicales (Fécondation in vitro, insémination, micro-injection), 1 sur 20 si on ajoute les traitements hormonaux.
C'est ÉNORME.
En France, un couple sur 10 a recours aux techniques de procréation médicalement assistée ( PMA).
Et oui, techniquement, dans "la nature", un couple hétéro (en âge de procréer) sur 10 est tout aussi "stérile" qu'un couple homo.
La PMA, c'est trois techniques :
L'IAD, Insémination artificielle avec Donneur : Le sperme du "donneur" est injecté directement dans l'utérus , via une pipette qui passe par le col utérin
La FIV : Fécondation In Vitro : l'ovule est ponctionné dans les ovaires, puis fécondé par le sperme et ensuite replacé dans l’utérus.
La ICSI : Fécondation par micro-injection : le sperme est injecté directement dans l'ovule.
La PMA est a differencier de la GPA ( Gestation Pour Autrui), qui est interdite en France pour tout le monde, couples hétéros mariés y compris.
Dans TOUT les cas, grace a la PMA, on répond à un désir d'enfant.
On ne "soigne" pas une maladie.
On répond par la science et/ou le don (de gamètes ) à un désir d'enfant.
La Belgique, le Danemark, l'Espagne, les Pays-bas, le Royaume-uni, etc, autorisent la PMA a TOUTES les femmes en âge de procréer.
En France, la pma est réservée uniquement aux couples composé d'un homme et d'une femme, mariés ou vivant ensemble depuis au moins deux ans.
En France le don du sperme est anonyme.
La loi française donne donc la possibilité de fait passer les parents hétéros infertiles pour les géniteurs biologiques de l'enfant.
Et oui, en France, ce sont les couples hétéros qui mentent a leurs enfants (si ils en ont envie), et en toute légalité.
Si l'utérus de la femme du couple hétéro est inhospitalier : Dans le baba. GPA interdite. Il ne reste que l'adoption.
Si le couple hétéro n'est pas marié ou ne peux prouver un concubinage de plus de 2 ans : dans le baba. PMA interdite. Il ne reste que l'adoption.
Si une femme célibataire veux avoir un enfant : dans le baba. PMA interdite. Il ne reste que l'adoption.
Si deux hommes en couple veulent avoir un enfant: Double baba : GPA ET adoption interdite : aucun espoir.
Si une femme en couple avec une autre femme veut avoir un enfant: Double baba : PMA ET adoption interdite: aucun espoir.
En revanche, les homos et les lesbiennes, qui ne sont pas stériles, on le rappelle, peuvent librement donner leur sperme ou leurs ovules.. aux couples heteros infertiles !
ça, ça ne pose de problème a personne.
On refuse aux homos de procréer sous pretexte qu'ils puissent donner naissance a des enfants homos, mais les heteros veulent bien se faire inseminer avec notre sperme et nos ovules.
Curieusement ils n'ont pas peur de mettre au monde uniquement des gays.
Bizarre non ?
Selon les homophobes, les LGBTS ne seraient pas aptes a élever leurs propres enfants?
Alors que depuis des decenies les LGBTS sage-femme, docteurs, instituteurs, professeurs, gynecos, infirmiers, nourices, mettent aux monde, nourissent, soignent, éduques, élèvent les enfants des hétéros avec amour et compétence sans que personne ne s'en offusque.
Depuis 30 ans, tout ces hommes et ces femmes LGBT bannis des solutions médicales payent leurs impôts, cotisent pour la sécurité sociale, qui servira a prendre en charge la reproduction.. de certains privilégiés.
Et si la loi sur le mariage et l'adoption passe, les lesbiennes, même mariées, n'auront toujours pas le droit a la PMA.
Elles seront obligées d'essayer d'adopter l'enfant orphelin ou abandonné par une autre famille alors qu'elles sont capables d'enfanter leurs propres enfants !
Cette situation est absurde et intolérable.
Sachant le si petit nombre d'enfant a adopter, il me semble ridicule et profondément injuste d'interdire a toutes ces personnes désirant fonder une famille l'accès aux techniques de procréation, alors que d'autres y ont accès librement.
La caste des êtres humains supérieurs (hommes & femmes hétéros infertiles MAIS mariés) ont donc accès gratuitement aux techniques médicales pour combler leur désir d'enfant, et les castes d'êtres humains inférieurs ( femmes célibataires, femmes hétéros mariés a l’utérus endommagé, femmes lesbiennes, gays, trans) eux, ont juste le droit de payer et de donner leurs gamètes pour permettre aux autres d'enfanter.
Et de pleurer cette France injuste, sexiste, homophobe, lesbophobe, qui condamne l'avortement de certaines (commandos anti-avortements, cliniques qui ferment, gynécos qui disparaissent), tout en empêchant les autres de mettre leurs enfants au monde.
Et je ne parle même pas de la stérilisation des personnes trans, encore une autre barbarie réservée aux "sous-citoyens" français..
Elle est OU l’Égalité ?
Nous ne laisserons plus nos enfants se faire insulter, traiter de terroristes une seule fois de plus.
Nous ne vous laisserons plus tabasser, harceler, rabaisser, humilier, tuer nos fêres et soeurs LGBT sans réagir.
Et vous osez nous parler de "proteger les enfants" , vous les homophobes qui êtes capables de jeter a la rue vos propres enfants parcequ'ils sont gays..
Notre peuple, contrairement a d'autres, ne peux pas être exterminé.
Vous pouvez nous deporter, nous empecher de nous marier, nous enlever nos droits, nous interdire de sortir dans la rue, nous faire taire de force, nous traiter comme des animaux, nous assasiner.
Mais nous renaitrons sans cesse dans vos familles, nous renaitrons dans vos propres enfants.
Des bébés lesbiennes, gays et trans naissent chaque jours dans les foyers heterosexuels.
Ils et elles naissent dans les chateaux, dans les bidonvilles, dans les églises, dans les mosquées, dans les villages, dans les villes.
Nous naissont la peau noire, jaune, blanche.
Nous naissons pauvres, riches, beaux, moches, handicapés ou en bonne santé.
Nous naissons a droite, nous naissons a gauche.
Nous mourons uniquement lorsque toute la race humaine s'éteindra.
En attendant, nous nous battrons.
Emilie J.
J’aurais pu mourir à l’âge de 9 ans, et personne n’aurait jamais su pourquoi.
L'égalité et sa légalité
En tant qu’artiste, en tant qu’homme, en tant qu’être humain, je suis pour le mariage pour tous et l’égalité des droits.
A tous ceux qui diront que, dans le
texte qui va suivre, je mélange débat sur le mariage pour tous et
acceptation de l’homosexualité, qui me diront que l’on peut être contre
le mariage pour tous et ne pas être homophobe, je leur répondrai que les
débats que l’on a pu voir, emprunts de peurs, de haine et d’ignorance,
ont montré que les opposants au mariage pour tous ont été les premiers à
tout mélanger en projetant sur nos vies leurs peurs irraisonnées de
manière brutale et irrespectueuse.Face à cela, souffrez que l’on puisse répondre à tout.
Je ne dis jamais que je suis homosexuel, non pas parce que je le cache, mais parce que c’est ce que je suis, au même titre, que la couleur de ma peau est blanche.
C’est un fait. Je suis en couple avec un garçon depuis 7 ans, j’ai eu des histoires d’amour plutôt longues depuis mes 17 ans, je suis attiré par les garçons depuis que je me suis éveillé à la sexualité, vers l’âge de 8 ans.
j’ai vécu dans une famille qui m’a finalement accepté comme j’étais, malgré quelques heurts.
Je suis comme je suis depuis toujours, personne ne m’a influencé, enrôlé.
Depuis que je suis jeune, je l’ai toujours dit, dans mes premiers boulots alimentaires, à mes collègues, à chaque personne que je rencontrais et qui me disait «Vous êtes marié ou vous avez une copine?» Ça jetait un froid cinq minutes et après ça se passait bien, c’était ma petite victoire à chaque fois.
En revanche, je dis souvent que je suis féministe, et je veux le dire aujourd’hui en cette journée de lutte contre les violences faites aux femmes, car si je ne suis pas une femme, c’est un autre fait, j’ai pu identifier depuis mon plus jeune âge la souffrance de beaucoup de femmes, leurs difficultés à être libres, malgré ce discours d’égalité homme-femme que j’entends depuis que je suis né.
J’ai été témoin de beaucoup de violences verbales et physiques faites aux femmes, pour les forcer à vivre dans des prisons tout en leur faisant croire qu’elles choisissaient elles-mêmes ces prisons.
J’ai vu ces violences de mes yeux, autour de moi et à l’intérieur de ma maison.
Alors au début, les talons et les accessoires féminins que j’ai utilisés dans mon travail ont été un acte militant En tant qu’homme, je voulais prendre position pour les femmes, et c’est la façon la plus simple et la plus symbolique que j’ai trouvée.
A travers cet acte, j’ai découvert le plaisir d’être également libre et de pouvoir disposer de mon corps comme bon me semblait, de le représenter comme j’avais envie qu’il soit vu, d’ouvrir le débat sur la liberté d’être un homme, d’être une femme, d’être un hétéro, un homo.
Certains de ces actes symboliques sont devenus des choix de vie, de gouts.
J’ai gardé le maquillage dans la vie, après l’avoir utilisé sur scène.
Au delà de tout ça, j’ai toujours voulu militer pour la liberté et libérer ainsi la parole sur la sexualité, sur la féminité, la différence.
Ca m’a beaucoup aidé à trouver un certain apaisement.
Je veux que la France protège et aime tous ses enfants. Point.
Je veux raconter mon histoire pour que l’on puisse vraiment voir l’horreur que peut être la vie d’un enfant homosexuel non protégé par la société.
Raillé, insulté, publiquement et en groupe, depuis la primaire, parce qu’on trouvait que j’étais efféminé et que je jouais trop avec les filles, puis victime des caresses d’un instituteur remplaçant en CE2 qui me caressait les joues et les cheveux, publiquement en classe pendant des semaines sans que je ne comprenne rien, puis témoin chez moi des violences physiques et verbales perpétrées sur ma mère, et vivant un éveil à la sexualité emprunt de rêves de garçons, j’ai fait une première tentative de suicide à l’âge de 9 ans.
Dans un élan de vie, je suis allé trouver ma mère pour lui dire que j’avais avalé des cachets.
Je suis resté une semaine à l ‘hôpital sans que personne ne sache ce qui s’était passé.
Car comme personne ne parlait autour de moi de ce qu’était mon quotidien, je pensais être fou ou je pensais que je devais réellement mourir.
J’ai grandi dans un monde où j’ai été victime et témoin de violences à demi autorisées, dont on ne parlait pas et dont on ne voulait pas parler.
Silences coupables.
Je ne savais pas ce qu’était l’homosexualité, personne n’en parlait, je n’en avais vu aucune représentation nulle part à l’âge où je me suis éveillé sexuellement, alors je m’enfermais dans les toilettes pour pleurer et je priais un hypothétique Dieu de me rendre normal.
Evidemment, rien n’a changé, et la violence a continué, chez moi, à l’école, dans la rue.
J’ai continué à vouloir mourir, la douleur était insupportable.
J’ai eu la chance de pouvoir écrire très tôt, vers l’âge de 9 ans, et cela m’a permis de trouver un moyen de m’exprimer.
Puis vers l’âge de treize ans, j’y ai joint la musique.
Je garde en moi une profonde haine des adultes à cette époque de ma vie.
Tous les professeurs et surveillants qui n’ont jamais levé le petit doigt quand j’étais tabassé et insulté dans la cour de récréation.
L’école qui n’a jamais parlé de la vie des enfants comme moi, nous laissant à l’abandon, et pour beaucoup nous laissant mourir, car c’est la vérité, près de 25% des enfants homosexuels tentent de se suicider contre 4% chez les enfants hétérosexuels.
Je veux m’engager pour qu’enfin on sauve nos enfants, tous nos enfants.
Je pense que j’aurais pu mourir à l’âge de 9 ans, et que personne n’aurait jamais su pourquoi.
Cela aurait été un drame de plus et je ne serais pas rentré dans les statistiques sus citées.
Alors j’ai la chance d’être encore là, d’avoir surmonté tout ça et d’avoir pu construire ma vie, plus tardivement que les autres certes, mais au moins j’ai la chance de connaître cette vie.
Je ne tolèrerai plus qu’on s’élève contre tel ou tel film en école primaire, tel ou tel apprentissage des genres au Lycée, car nous sommes des millions depuis des dizaines et des dizaines d’années à avoir connu ces horreurs, les enfants qui naissent aujourd’hui ont tous le droit d’être égaux et de grandir dans un climat serein.
Enfant, ma différence ne dérangeait pas les autres enfants, eux acceptent tout de suite l’égalité, ce sont les adultes qui m’ont bousillé.
Premièrement, petit, certains membres de ma famille qui critiquait ma mère car elle m’achetait ce que je voulais, des G.I.Joe et des barbies.
Puis une infirmière de l’Hôpital où j’étais resté pour une crise de foie qui disait à ma mère que j’étais efféminé et qui se moquait de moi devant tout le monde et me faisait mal quand elle me faisait des piqures.
Ce sont eux, les adultes qui ont commencé, puis les enfants en grandissant, ont imité et ont suivi.
Peu à peu, tous mes amis garçons et filles de maternelle et primaire ont changé, eux aussi on les a forcés à devenir homophobe et différentophobe.
Ce sont les mêmes qui jouaient avec moi qui se sont mis à m’insulter et me taper.
A l’époque, j’aurais rêvé de pouvoir parler de ça sans être insulté ou frappé, c’est possible aujourd’hui, alors je prends la parole, et je veux que cesse cette hypocrisie sur la situation scolaire et sociale des enfants homosexuels.
Plus j’ai avancé et plus j’ai essayé de me construire en étant qui j’étais, plus ça a été impossible, tant les discours de haine été relayés à la télévision, dans ma famille, j’entendais des choses horribles qui me faisait être dans le dégout de moi-même, j’étais un enfant qui avançait déjà mort.
La haine, je l’ai vu, entendu depuis toujours.
Je vis en banlieue parisienne, dans une ville où il y a des violences notoires et notamment eu une agression homophobe mémorable relayée largement dans les media.
Je porte la barbe, je me maquille assez souvent les yeux, je m’habille comme j’ai envie de m’habiller, je me sens plutôt libre et on ne m’a jamais agressé ou molesté depuis que je vis ici.
Tout au plus, il m’est arrivé qu’on me regarde bizarrement.
Et pourtant… Plus jeune, j’ai été victime d’agressions homophobes verbales et physiques à répétitions, sans que jamais la police ne veuille prendre mes plaintes, ça a développé chez moi le besoin d’être invisible.
Les agresseurs avaient donc gagné.
C’est pourquoi je peux comprendre tous ceux qui vivent encore la même chose, c’est souvent le seul moyen de défense que nous avons, c’est un mal-être horrible.
Et dans ces moments-là de nos vies, et nous les avons tous vécus, nous détestons secrètement ceux qui sont libres ou visibles, car nous avons l’impression qu’ils ont réussi et pas nous, ou que à cause d’eux on va être repéré et détesté et encore agressé, qu’en agissant comme ils le font, ils nous font plus de mal que de bien.
Je connais tout ça.
Je le comprends.
Moi aussi, à une période de ma vie, j’ai détesté des folles, des homos ou hétéros efféminés, j’ai même été contre la Gay-Pride mais ça ne peut pas durer, il faut absolument sortir de cette haine.
Un homosexuel ou un groupe d’homosexuels ne représente pas les homosexuels.
“The only gay in the village”, c’est drôle uniquement dans Little Britain.
Chacun a le droit d’être discret ou excentrique, viril ou efféminé, visible ou invisible, avec les habits qu’il veut, avec l’attitude et la liberté qu’il veut et si certains veulent défiler en string, c’est leur droit, et comme les femmes, si une femme veut vivre en mini short moulant en cuir, elle doit pouvoir le faire sans être tabassée ou insultée.
Aucune loi ne l’interdit. Prouvons-le !
Je veux être solidaire de toutes les libertés, tous les actes, toutes les prises de parole.
De tous ceux qui choisissent dans leurs vies de tous les jours d’être comme ci, ou comme ça.
Je suis avec eux tous. Sans distinction.
Et On ne doit plus avoir peur d’être battu, molesté, injurié publiquement, comme ça a été tant de fois le cas dans le passé. Cette peur, réelle puisque nous l’avons tous connue, et que certains, encore nombreux, la connaissent encore, ne doit plus pouvoir être agitée devant nous comme un moyen d’acheter nos silences et nos vies.
Quand, enfin, les homos vont-ils vraiment se fédérer, sans vouloir dire que certains sont les bons homos et d’autres les mauvais ?
Je suis attristé par les témoignages de certains homos qui sont contre le mariage pour tous et en profite pour cracher sur la Gay Pride.
Personnellement je ne fais jamais la Gay Pride, mais de quel droit irais-je dire que moi j’ai raison et eux non ?
Enfin ! Rassemblons nous tous pour préparer enfin un monde meilleur aux enfants qui arrivent, arrêtons de voir midi à nos portes !
Quand tous les hétéros vont-ils voir qu’en accordant l’égalité aux homos ils vont gagner encore plus de liberté pour eux–mêmes?
Quand tous les hétéros vont-ils comprendre que nous homos, nous les aimons.
Nous voulons un monde tel qu’il est, avec des homos qui s’aiment, avec des hétéros qui s’aiment. Nous aimons vos familles, nous aimons vos enfants, depuis toujours.
Aimez s’il vous plait nos familles, aimez nos enfants et aidez-nous à les protéger.
Comme j’ai foi en la nature humaine, je suis certain que si dans la rue vous voyiez un couple d’homos avec son enfant se faire agresser, vous le défendriez.
Alors symboliquement, je vous demande à tous le même engagement.
Je veux que la France protège et aime tous ses enfants. Point.
A tous les homophobes : Nous homosexuels ne sommes pas hétérophobes.
Prenez parti, maintenant.
Prenez parti pour que votre enfant sache qu’il vit dans un monde multiple: Ne lui cachez plus rien de la diversité du monde dans lequel il vit, si vous aimez vos enfants, protégez-les, ne courrez pas le risque de leur faire subir ces violences s’ils sont homosexuels et protégez aussi les enfants des autres en permettant à vos enfants ne pas devenir homophobes à leur tour.
Non, deux hommes qui s’embrassent, ce n’est pas choquant pour un enfant.
Parlez de la différence, parlez simplement des hommes, des femmes, des homos, des hétéros. Combien vont devoir encore se suicider à force d’entendre qu’ils sont peut-être des zoophiles, des démons, des êtres contre-nature, des monstres… ceux-là sont vos enfants et vous devez, en tant que parents hétérosexuels, parents homosexuels, les protéger.
La République protège toutes les formes de croyances, même les plus irrationnelles.
On respecte et on protège les vies et les choix de vie de chacun tant qu’ils ne portent pas atteinte à autrui.
Mais nous, homosexuels, n’avons ni respect, ni protection. Portons-nous atteinte à autrui?
Rien ne semble avoir changé depuis des siècles.
Tout va bien tant qu’on ne les voit pas. Tant qu’ils se taisent.
Le vrai débat est donc sur l’acceptation de la différence. Toutes les différences.
A commencer par la différence hommes/femmes.
Car l’homme et la femme sont différents et égaux devant la loi.
La France est plurielle, riche de ses fameuses diversités.
Nous, personnes LGBT, rentrons dans ces diversités.
Et nous sommes tous différents entre nous.
Finissons-en avec l’idée qu’il y a d’un côté les hétéros et de l’autre les homos. Que je sache, tous les hétéros ne sont pas les mêmes. Pourquoi ne serions nous pas différents entre nous, aussi?
Alors oui, qu’ils soient, ou veulent être, hétéronormés, folles, caricaturaux, rétro, visibles, invisibles, s’il vous plait, arrêtons de voir des homos, voyons juste des êtres humains qui ont une vie, une histoire, une envie de vivre sur cette Terre et de partager toutes les belles choses que l’on peut partager.
Oui, nous homosexuels, nous aimons les hétéros. Nous les aimons tellement que l’amour qu’ils nous ont donné en nous mettant au monde, nous avons envie de le perpétuer avec nos corps, nos cœurs, tout ce que nous sommes. Nous homosexuels, nous aimons les hétéros car nous pleurons souvent au cinéma ou devant la télé en voyant une histoire d’amour entre un homme et une femme. Et comme je suis triste que ça ne fonctionne pas dans les deux sens. On parle de littérature féminine, de cinéma gay… est-ce que ça n’est pas juste de la littérature, du cinéma? Pire, j’ai été choqué et triste quand je suis allé voir “A simple man” au cinéma et que des hommes hétéros ont quitté la salle en pestant. Pourquoi? Parce que c’est l’histoire d’un homme qui aime les hommes? Mais est-ce que je pars en pestant quand je vois un homme aimer une femme? Non. Je vois l’amour. Ca me fait du bien l’amour. Plus il y en a, mieux je me porte.
Il est temps d‘avancer sur ce débat, car il y en a d’autres après, qui dépassent ces visions primaires homme/femme, homo/hétéro, il y a les trans et toutes les personnes qui revendiquent une identité propre, loin de tous les clivages existants. Même chez les hétéros, il faut réinventer les mots et les schémas qui ne viendront pas détruire ceux qui existent déjà, mais viendront les enrichir et les nuancer. Quelle richesse pour l’être humain d’ajouter des mots à son dictionnaire, d’accepter tous ses enfants, de reconnaître encore plus d’amour, d’aider chacun à trouver sa place, d’aider chacun à s’épanouir dans ses envies, de les protéger…quelle chance! Ne la gâchons pas! Si vous partez du principe que chaque être humain est votre égal, laissez même à ceux que vous jugez trop différents, la chance de vivre les belles choses que vous vivez. On ne demande pas à naitre sur cette Terre, ni un hétéro, ni un homo, ni un homme, ni une femme, nous arrivons et nous avons cette furieuse envie de vivre, d’aimer, de profiter, de gouter, de voir. De quel droit un être humain dicterait à un autre une façon de gouter, d’aimer, de vivre…?
Nous vivons déjà tous ensemble sur cette terre, homos et hétéros. Il faut donc qu’on apprenne à bien vivre ensemble. Quelle autre solution avons-nous?
Je ne prends pas la parole au nom de tous. Je veux simplement donner à entendre ma voix comme je l’ai toujours fait au travers de mes créations artistiques. A vous, ceux qui me suivez, et aimez mon travail, et qui pensez que c’est une perte de temps, qui préférez quand je me consacre à la musique ou à l’art, sachez que l’artiste que je suis ne pourra pas s’épanouir tant que l’être humain que je suis se sentira malmené et aura des doutes sur les avancées en terme d’égalité de droit, égalité de vie, égalité de libertés. Ça me coûte de devoir toujours m’exprimer sur ce sujet. Mais par ces temps de paroles nauséabondes et d’actes violents qui remuent l’être humain libre que je veux être, je n’ai plus le cœur à faire la promo pour mon disque et mon calendrier pour Noël. Mes albums, mes vidéos, et ce calendrier, sont politiques et artistiques. Mais aujourd’hui, où ce n’est plus l’artiste qui est attaqué mais l’être humain, je me dois de donner cette parole personnelle. Il y a besoin de sang et de vie dans ce débat, de poumons qui respirent. On va se battre pour ceux qui arrivent. Qu’ils soient vus, qu’ils aient une belle vie, aussi belle que celle de leur voisin.
Le monde actuel, et la société française en particulier, nous mettent dans une position très inconfortable, nous artistes LGBT. Déjà elle a peur de ce que nous sommes, elle ne veut pas prendre de risques, elle ne sait pas proposer ce que nous faisons, elle ne sait pas en parler, elle ne sait pas le diffuser, elle n’accorde pas de subventions pour notre travail quand il est trop politique ou trop «coloré», elle nous force à inventer nos économies parallèles, à la limite de la légalité, nous force à nous distribuer et nous promouvoir nous mêmes. Je suis un artiste et ce monde me force à devenir un marchand si je veux continuer à pouvoir vivre et travailler. Et à force de nous refuser l’égalité, la visibilité, elle nous entraine dans une spirale d‘échec, nous forçant à renoncer les uns après les autres et toute cette invisibilité est la première à créer le malaise dans notre société qui pourrait profiter de toute cette richesse. Je voudrais faire écho à l’article de Fanny Cottençon, dont j’ai entendu parler grâce au collectif La Barbe, posté dans le Huffington Post : «L’art doit devenir le lieu de contestation de l’égalité Homme-Femme», sur la difficile place des femmes dans l’art, je suis 100% d’accord et nous devons libérer cette parole, car si les femmes ne trouvent pas leur place, qu’en est-il des femmes homosexuelles, des hommes homosexuels? Qui va défendre leurs paroles? Leurs créations? Quand ils sont trop souvent occupés à se battre pour leurs vies. Tous les artistes LGBT dont j’ai croisé la route depuis 10 ans en France ont depuis pour la plupart renoncé et tous ceux que je connais qui sont encore là, sont pour la plupart exclus des circuits de diffusions traditionnels. Je ne crache pas sur ceux qui bénéficient de ces circuits, bien au contraire, je souhaite juste parler de ce parcours du combattant qu’est la vie d’un artiste LGBT en France.
Où sont les artistes homos? Je veux voir des homosexuels, de toutes sortes, des jeunes, des vieux, des visibles, des invisibles, des femmes, des hommes, des lesbiennes, des bi, des trans, des hétéros, des indéfinis, des choses, des freaks, prendre parti. Tous nous devons nous battre pour l’égalité et sa légalité!
Ne sous-estimez pas nos actions, en ne nous accordant rien, nous sommes les derniers «rien à perdre» de la république et nous sommes prêts à nous battre pour enfin pouvoir vivre en paix.
Vous avez eu notre silence en nous faisant vivre dans cette France où les agressions homophobes, physiques et verbales, étaient à moitié autorisées, jamais totalement reçues ni comptabilisées. Souvent perpétrées à l’école devant des adultes consentants, souvent dans la rue devant des adultes consentants et complices, comme cela s’est encore produit à la manifestation de Civitas, où pour moi la ligne a été franchie.
Je rêve de ce jour où tous les hétérosexuels ne verront que l’amour, entre deux hommes ou deux femmes qui s’aiment et s’embrassent. Ou qu’ils pourront écouter une chanson ou voir un film qui parle de deux femmes, de deux hommes, et ne retenir que l’amour, qu’ils n’y fassent même pas attention.
Je rêve de ce jour où un enfant homosexuel pourra arriver dans ce monde et profiter de son enfance et de son adolescence, comme les autres, se construire simplement et profiter de sa vie.
De mon passage sur Terre, j’aurai retenu de vous les hétéros, que vous vous aimez, que vous êtes beaux, parfois moins, que vous êtes des êtres humains. J’espère que vous retiendrez ça de nous aussi, que nous nous aimons, que nous sommes beaux, parfois moins, que nous sommes des êtres humains. Et peut-être qu’un jour, alors, on n’en parlera plus. On sera là, et on aura des causes plus importantes à régler, tous ensemble.
C’est pour tout cela que je serai à la manifestation pour l’égalité le dimanche 16 décembre 2012. Qui que vous soyez, quoi que vous pensiez, si liberté, égalité, fraternité sont des mots qui vous parlent, j’espère que nous pourrons avancer ensemble ce jour-là et tous les jours suivants.
Merci d’avoir pris le temps de lire ce témoignage jusqu’au bout.
Pierre Pascual
Donner d'avantage de droit aux autres ne diminue pas les vôtres
Du mariage pour tous, au retour de l'homophobie décomplexée
Je m'en
doutais, que la proposition de loi pour le mariage pour tous allait
créer des incidents et des débats plus ou moins politiquement correct.
Mais là, cet espèce de tsunami de matières fécales me dépasse complètement.
Les
prochains mois risquent d'être moches. Surtout quand le citoyen lambda
se met soudain à penser qu'il vote les lois, et qu'il peut donc donner
son avis partout à tort et à travers. C'est long.
Ca a
commencé avec es manifestations dégueulasses contre le mariage pour tous
organisé par l'association Vita (à fleur de toi), avec le magnifique
slogan : Un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants. Miam miam miam.
Pour
l'amour de (votre) dieu les gens, vous ne voulez pas plutôt prendre un
tournevis et vous l'enfoncer dans le globe oculaire, genre très profond,
et tourner plusieurs fois dedans?
Vous me
fatiguez avec vos têtes de petits-moyens-vieux bourgeois, j'ai
l'impression d'être à Bordeaux centre à chaque fois que je vous vois.
Vos pulls sur les épaules, vos polos et vos chaussures bateau où vous
vous sentez surement très droit dedans.
Piou piou je suis un oisillon et je prends de la drogue
Kikoo je passe à la télé.
Du coup, j'étais un peu comme ça :
(oh Grave Encounters, love pour la vie)
Mega honte.
Mega, mega honte.
Et comme j'avais décidé d'en finir avec la vie, de voir des avis différents du mien, je suis passé voir mes amis de France Jeunesse Civitas et petits pois.
Ils avaient fait un nouveau post.
Je crois que j'ai encore cassé mes ovaires.
Je ne
saurais dire à quel point je suis fasciné par cette théorie du complot
du lobby gay. Ca m'émeut, je me crois toujours dans un James Bond et je
me mets à espérer l'arrivée de Daniel Craig nu.
Daniel, sauve moi de ce vilain lobby pédérastre
Alors que non, c'est toujours les mêmes têtes de choux d' intolérance.com/on-aime-pas-les-pd :
"Le lobby gay était sur le point de réaliser le rêve des militants d’extrême gauche depuis un siècle : détruire le mariage bourgeois. Le réclamer pour les homosexuels aura été la dernière ruse de ces militants aguerris, l’embrasser pour mieux le tuer, le parodier pour mieux l’achever. Mais le lobby a vu trop gros : il tenait le mariage, il voulait les enfants… »
Oh, ce merveilleux point qui apparait dans la bouche de tous les homophobes qui ne s'assument pas comme tel :
"On fait ça pour les enfants"
Ça réchauffe mon petit cœur pervers
ça. Savoir que des milliers de personnes se battent pour l'avenir
hypothétique d'enfants qu'ils ne connaissent même pas.Tant d'altruisme
dans le pays, tant de grandeur d'âme. Tant de spécialiste en droit de
l'enfant, en pédopsychiatrie, en éducation spécialisé. Tant de gens qui
n'ont pas besoin de faire des études pour être qualifié, parce que eux,
ils Savent La Vérité.Tas de cons.
Si le bien être des enfants vous intéressent tant que ça, et vous amènent même à faire des manifestations, venez rejoindre le secteur du handicap. On manque cruellement de gens pour faire avancer l'intégration des enfants handicapés. Venez nous rejoindre, et utiliser votre temps pour aider des gamins qui ont besoin que la société évolue dans leur sens.
Ah non?
C'est pas intéressant ça? C'est parce qu'il leur manque des membres, ou un sens et que ça vous fait peur?
Ou c'est parce qu'au fond, les gamins que vous ne connaissez pas, vous vous en branlez? Genre méchamment?
J'aimerais que s'arrête cette vulgaire imposture de vouloir cacher son homophobie latente derrière une poupée de chiffon. S'il y a autant de gens dans la rue contre cette mesure, c'est parce que l'homosexualité fait peur encore à une partie de la population complétement coincée du bulbe. Que ce qui ne rentre pas dans le moule effraie, et entraine parfois la haine.
Il/elle n'est pas dans la norme, cela m'inquiète et me fait me remettre en question, j'ai peur, je me bloque. Sans parler du tabou de la sodomie sur lequel il faudra se pencher un jour. On va encore venir se plaindre de moi parce que je suis vulgaire, mais quand même, le principal problème se résume comme ça :
Donner des coups de bite > en prendre
Je pense qu'être pénétré signifie
être assimilé à une femme, et donc c'est moins bien.Et c'est quand même
dommage de fonder une société sur des inepties sexistes. Mais ça, c'est
un autre problème.J'ai l'impression de revenir treize ans en arrière, pendant les débats houleux du pacs. On se retrouve avec les mêmes arguments, et presque les mêmes acteurs (kikou le renouvellement politique) : Vidéo du site de l'INA de l'époque.
On avait droit à l'époque à un joli discours caricatural de Philippe De Villier (kikoo Phil, comment va la famille?)
" Votre innovation du pacs, c'est le retour à la barbarie, tout simplement"
Et on avait même droit à l'apparition de la moins-vieille Boutin dans une autre vidéo de l'époque : ICI
Et qu'est ce qu'elle nous dit, ChriChri et son carré hermès ?
"Je ne suis pas favorable aux mariages des homosexuels parce que je ne crois pas qu'ils soit bon d'hériger en norme l'homosexualité. L'homosexualité est, par nature, la difficulté d'atteindre l'autre dans sa différence. Et quand on ne peut pas atteindre l'autre dans la différence, c'est l'exclusion"
Et une autre aberration pour la route dans cette vidéo ci : LA
"Je n'y suis pas favorable (à l'homoparentalité) car je crois qu'il n'y a pas plus belle chose que l'amour entre un homme et une femme".
Et je sais très bien que je l'ai déjà dit, mais je ne peux m'empêcher de juste rajouter ceci, trouvé sur la page wikipedia de ChriChri :
"À l'âge de 23 ans, elle se marie à son cousin germain Louis Boutin, informaticien. Ils ont ensemble trois enfants"
Je n'ai rien à rajouté à cela Chrichri.
Je trouve
juste que cela commence à faire beaucoup trop d'années qu'on vous voit,
toi et ton homophobie, dans des débats qui te ne concernent en aucune
façon. Et qu'il serait temps qu'on t'entende moins, et qu'on laisse la
parole à ceux qui sont en première ligne de cette mesure.
Car cette
histoire me rappelle très fortement le congrès de Milan de 1880 (moment
culture). Lors de ce congrès avait été voté l'interdiction de la langue
des signes, par une assemblée de 250 participants. Parmi ceux ci,
seulement 4 sourds, à qui on n'avait pas donné les services
d'interprètes. A l'époque, on trouvait aussi normal de savoir mieux
qu'autrui ce qui était bon pour lui. Cette interdiction est restée
valable en France jusqu'en 1977.
La France, terre de tolérance.
Et je
crois que pour faire avancer les choses, il n'y a pas d'autre
possibilité que d'être un peu plus militant. Je crois que devant la
monté de cette nouvelle homophobie décomplexée , le mieux reste encore
de l'ouvrir à son tour. Et qu'il n'y a pas de meilleur temps que celui
ci pour être un peu plus militant. Les avancées sociales ne se font pas
toutes seules, et encore moins dans un pays qui se place 57° mondial au
niveau de sa parité.
France
Jeunesse Civitas et ordures ménagères organise une grande manifestation
contre le mariage pour tous dimanche 18 novembre devant le ministère de
la famille, à paris. Si vous êtes dans le coin, pensez à leur jeter des
cailloux de ma part. Parce que pour le moment, c'est les mouvements
intolérants qu'on voit le plus dans les rues. Le projet de loi sur le
mariage et l'adoption pour les couples homosexuel sera étudié en séance à
l'Assemblée Nationale vers la fin du moins de janvier 2013. D'ici là,
et même après, on va en manger de l'homophobie "modérée" sous excuse de
morale bien pensante.
Méprisez
les comme ils méprisent ceux qui sont différents. Et n'oubliez pas que
donner d'avantage de droit aux autres ne diminue pas les votre, cela
permet juste de faire un peu plus de sens aux mots désuets Liberté,
Egalité, Fraternité.
Dame Fanny
Voilà dix ans que nous nous aimons.
Voilà dix ans que nous nous aimons.
Nous avons construit une vie d'aucunEs jugeront hétéronormée parce qu'ils/elles ne se rendent pas compte de ce que c'est, une vie de couple hétéronormée.
Notre désir d'enfant est profond, le désir d'élever et d'éduquer un être autonome, responsable, citoyen éveillé de demain, le désir d'aimer un enfant.
Il me semble que c'est ce qui compte le plus, pour un enfant, d'être aimé. Nous venons de deux familles aimantes et qui nous soutiennent, chacune à leur manière, dans cette longue marche vers la parenté.
Car oui, nous ne sommes pas stériles et nous voulons procréer un enfant, et nous voulons que cet enfant ait des droits, les mêmes que ceux de ces petits camarades de classe plus tard, le droit de dire : « Voilà mes parents ! ».
Je veux être sûre de pouvoir veiller sur lui quoiqu'il arrive même s'il n'est pas de mon sang, de mes gênes, parce que je l'aime, que je suis sa mère, quel autre mot utiliser.
Depuis treize ans maintenant, on me confie des enfants pour les éduquer et leur transmettre des savoirs.
Je suis estimée par mes élèves, par leurs parents, par mon administration, par mes autorités de tutelle, par mon inspection.
Ces apprenants en formation passent presque plus de temps avec moi qu'avec leur famille.
Mais je n'ai pas le droit d'être mère pour des raisons obscures, « morales » (car quelles vertu et morale accorder à des personnes capables de tant de violence, de tant de propos haineux, de tant de grossièreté, à se demander ce qu'elles peuvent, ou doivent, transmettre aux enfants), religieuses.
Mon père m'a toujours dit que les parents ne sont pas forcément les géniteurs/trices mais ceux et celles qui « paient les galoches », qui nourrissent, qui aiment, qui suivent, qui élèvent, qui éduquent.
Le débat pour l'égalité des droits est aussi celui des familles monoparentales, recomposées, ou de toutes celles où les parents ne sont pas mariéEs. J'attends de mes amiEs hétérosexuelLEs qu'ils/elles se manifestent, avec nous.
Je veux, comme eux/elles, pouvoir aller chercher mon enfant à l'école sans avoir à justifier de qui je suis pour lui.
Le débat pour l'égalité des droits est aussi un combat féministe qui met en évidence la domination masculine au sein du couple hétérosexuel et une répartition plus égalitaire et solidaire des tâches dans le couple homosexuel, qu'on le veuille ou non.
C'est reconnaître qu'être parent n'est pas inné mais construit et que cela est difficile pour tout le monde... mais qu'il est abberrant de voir des jeunes filles de quinze ans enceintes sans l'avoir souhaité, sans même savoir comment cela est arrivé, car nous savons déjà ce que cette misère sociale et culturelle risque de provoquer chez les enfants à venir.
Chaque jour, dans mon métier, et sans avoir besoin des études sociologiques qui viennent conforter ce que nous constatons, je vois parfois, trop souvent, des enfants malheureux/ses, frappéEs, violéEs ou simplement abandonnéEs à leur vacuité, jamais sollicitéEs intellectuellement, jamais entenduEs ni même écoutéEs, en échec scolaire, en détestation d'eux/elles-mêmes, et qui ont « un papa et une maman ».
Le débat pour l'égalité des droits est celui de l'amour contre le préjugé. Nous allons depuis 2010 en Catalogne pour concrétiser notre désir d'enfant, et chaque fois c'est la même honte de constater que les droits des femmes et des homosexuelLEs y sont mieux respectés, plus nombreux, qu'en France.
La France est-elle vraiment un pays laïc, la France est-elle vraiment le pays qu'elle prétend être alors qu'elle n'assume pas le progrès social, moral ?
A entendre les insultes dont je suis la victime, en ce moment, en tant que lesbienne et en tant que femme, en tant que citoyenne, en tant que fonctionnaire d'Etat, je me dis que peut-être il est temps de devenir catalane...
Nous avons construit une vie d'aucunEs jugeront hétéronormée parce qu'ils/elles ne se rendent pas compte de ce que c'est, une vie de couple hétéronormée.
Notre désir d'enfant est profond, le désir d'élever et d'éduquer un être autonome, responsable, citoyen éveillé de demain, le désir d'aimer un enfant.
Il me semble que c'est ce qui compte le plus, pour un enfant, d'être aimé. Nous venons de deux familles aimantes et qui nous soutiennent, chacune à leur manière, dans cette longue marche vers la parenté.
Car oui, nous ne sommes pas stériles et nous voulons procréer un enfant, et nous voulons que cet enfant ait des droits, les mêmes que ceux de ces petits camarades de classe plus tard, le droit de dire : « Voilà mes parents ! ».
Je veux être sûre de pouvoir veiller sur lui quoiqu'il arrive même s'il n'est pas de mon sang, de mes gênes, parce que je l'aime, que je suis sa mère, quel autre mot utiliser.
Depuis treize ans maintenant, on me confie des enfants pour les éduquer et leur transmettre des savoirs.
Je suis estimée par mes élèves, par leurs parents, par mon administration, par mes autorités de tutelle, par mon inspection.
Ces apprenants en formation passent presque plus de temps avec moi qu'avec leur famille.
Mais je n'ai pas le droit d'être mère pour des raisons obscures, « morales » (car quelles vertu et morale accorder à des personnes capables de tant de violence, de tant de propos haineux, de tant de grossièreté, à se demander ce qu'elles peuvent, ou doivent, transmettre aux enfants), religieuses.
Mon père m'a toujours dit que les parents ne sont pas forcément les géniteurs/trices mais ceux et celles qui « paient les galoches », qui nourrissent, qui aiment, qui suivent, qui élèvent, qui éduquent.
Le débat pour l'égalité des droits est aussi celui des familles monoparentales, recomposées, ou de toutes celles où les parents ne sont pas mariéEs. J'attends de mes amiEs hétérosexuelLEs qu'ils/elles se manifestent, avec nous.
Je veux, comme eux/elles, pouvoir aller chercher mon enfant à l'école sans avoir à justifier de qui je suis pour lui.
Le débat pour l'égalité des droits est aussi un combat féministe qui met en évidence la domination masculine au sein du couple hétérosexuel et une répartition plus égalitaire et solidaire des tâches dans le couple homosexuel, qu'on le veuille ou non.
C'est reconnaître qu'être parent n'est pas inné mais construit et que cela est difficile pour tout le monde... mais qu'il est abberrant de voir des jeunes filles de quinze ans enceintes sans l'avoir souhaité, sans même savoir comment cela est arrivé, car nous savons déjà ce que cette misère sociale et culturelle risque de provoquer chez les enfants à venir.
Chaque jour, dans mon métier, et sans avoir besoin des études sociologiques qui viennent conforter ce que nous constatons, je vois parfois, trop souvent, des enfants malheureux/ses, frappéEs, violéEs ou simplement abandonnéEs à leur vacuité, jamais sollicitéEs intellectuellement, jamais entenduEs ni même écoutéEs, en échec scolaire, en détestation d'eux/elles-mêmes, et qui ont « un papa et une maman ».
Le débat pour l'égalité des droits est celui de l'amour contre le préjugé. Nous allons depuis 2010 en Catalogne pour concrétiser notre désir d'enfant, et chaque fois c'est la même honte de constater que les droits des femmes et des homosexuelLEs y sont mieux respectés, plus nombreux, qu'en France.
La France est-elle vraiment un pays laïc, la France est-elle vraiment le pays qu'elle prétend être alors qu'elle n'assume pas le progrès social, moral ?
A entendre les insultes dont je suis la victime, en ce moment, en tant que lesbienne et en tant que femme, en tant que citoyenne, en tant que fonctionnaire d'Etat, je me dis que peut-être il est temps de devenir catalane...
Chaque jour, notre petite fille nous dit qu'elle nous aime "comme tout l'univers"... Comme vous non ?
Lundi, Mardi, Jeudi,
Vendredi, la femme que j'aime se lève à 7h30 pour préparer notre fille à
aller à l'école, tandis qu'elle me laisse la possibilité de dormir
encore une heure avant de me lever pour partir au bureau... Comme vous
non ?
Mercredi, la femme que j'aime emmène notre fille à un spectable ou à l'aquarium, parce qu'il faut entretenir la petite cervelle de notre progéniture... Comme vous non ?
Chaque soir, lorsque je rentre, notre petite fille est dans le bain, et crie mon nom au claquement de porte, parce qu'elle sait que c'est moi... Je vais lui faire un bisou, qu'elle refuse une fois sur deux, trop occupée qu'elle est, à noyer ses poneys ou Charlotte aux Fraises dans la baignoire... Comme vous non ?
Chaque soir, nous dinons en famille, nous jouons à la marchande, nous regardons des dessins animés avec notre enfant... Comme vous non ?
Chaque week end, nous allons au parc, au FunPark playmobil ou à toute autre activité spécialement conçue pour les petits et même parfois, au cinéma lorsqu'une nouvelle animation est à l'affiche... Comme vous non ?
Pour son anniversaire, à noel, et au quotidien nous la couvrons de cadeaux, de bisous, de calins, d'amour... Comme vous non ?
Chaque jour, notre petite fille nous dit qu'elle nous aime "comme tout l'univers"... Comme vous non ?
Et un jour, ma compagne, sa mère biologique, sera en déplacement, professionnel ou non, et il y aura un problème, une maladie, un accident... Que sais-je ? Et je ne pourrais signer aucun papier, je ne pourrais donner mon aval pour aucune opération d'urgence qui pourrait lui sauver la vie, je ne pourrais rien...
Un jour, sa mère pourrait avoir elle-même un accident et décéder... et je n'aurais aucun droit, aucune légitimité... Ni pour les obsèques de la femme que j'aime, ni pour l'avenir de mon enfant qui sera placé d'office chez ses grands-parents parce que je ne suis rien. Cet enfant serait privé du jour au lendemain de ses deux mères...
Et vous osez prétendre vouloir le meilleur pour les enfants. Vous prétendez vouloir les préserver, vouloir leur bonheur ? Quand vous leur souhaitez qu'ils meurent faute d'une signature ? Quand vous les arrachez à leur domicile et leur cocon familial ? Quand vous n'entendez pas l'amour mais seulement vos préjugés ?
La DDASS regorge d'enfants inadoptables, qui croupissent dans des foyers et vous refusez que ces enfants, enfants d'hétérosexuels, trouvent un foyer, trouvent des parents qui les aimeront ?
Ne prétendez pas penser aux enfants, vous ne faites pas illusion, vous êtes sectaires et égoistes...
Vous ne pensez qu'à Vous !
Red Censo.
Mercredi, la femme que j'aime emmène notre fille à un spectable ou à l'aquarium, parce qu'il faut entretenir la petite cervelle de notre progéniture... Comme vous non ?
Chaque soir, lorsque je rentre, notre petite fille est dans le bain, et crie mon nom au claquement de porte, parce qu'elle sait que c'est moi... Je vais lui faire un bisou, qu'elle refuse une fois sur deux, trop occupée qu'elle est, à noyer ses poneys ou Charlotte aux Fraises dans la baignoire... Comme vous non ?
Chaque soir, nous dinons en famille, nous jouons à la marchande, nous regardons des dessins animés avec notre enfant... Comme vous non ?
Chaque week end, nous allons au parc, au FunPark playmobil ou à toute autre activité spécialement conçue pour les petits et même parfois, au cinéma lorsqu'une nouvelle animation est à l'affiche... Comme vous non ?
Pour son anniversaire, à noel, et au quotidien nous la couvrons de cadeaux, de bisous, de calins, d'amour... Comme vous non ?
Chaque jour, notre petite fille nous dit qu'elle nous aime "comme tout l'univers"... Comme vous non ?
Et un jour, ma compagne, sa mère biologique, sera en déplacement, professionnel ou non, et il y aura un problème, une maladie, un accident... Que sais-je ? Et je ne pourrais signer aucun papier, je ne pourrais donner mon aval pour aucune opération d'urgence qui pourrait lui sauver la vie, je ne pourrais rien...
Un jour, sa mère pourrait avoir elle-même un accident et décéder... et je n'aurais aucun droit, aucune légitimité... Ni pour les obsèques de la femme que j'aime, ni pour l'avenir de mon enfant qui sera placé d'office chez ses grands-parents parce que je ne suis rien. Cet enfant serait privé du jour au lendemain de ses deux mères...
Et vous osez prétendre vouloir le meilleur pour les enfants. Vous prétendez vouloir les préserver, vouloir leur bonheur ? Quand vous leur souhaitez qu'ils meurent faute d'une signature ? Quand vous les arrachez à leur domicile et leur cocon familial ? Quand vous n'entendez pas l'amour mais seulement vos préjugés ?
La DDASS regorge d'enfants inadoptables, qui croupissent dans des foyers et vous refusez que ces enfants, enfants d'hétérosexuels, trouvent un foyer, trouvent des parents qui les aimeront ?
Ne prétendez pas penser aux enfants, vous ne faites pas illusion, vous êtes sectaires et égoistes...
Vous ne pensez qu'à Vous !
Red Censo.
A tous les décideurs de ce pays, il est temps de mettre un terme à nos tortures.
Un soir, j’ai rencontré une femme dans un bar.
J’avais vingt ans. Elle, dix de plus.
J’étais femme de ménage en attendant de travailler dans le cinéma.
Elle était à un an de passer son doctorat.
J’étais de gauche. Elle était Républicaine.
J’étais une artiste. Elle rêvait de cellules et de dissections.
J’étais athée. Elle était maronite.
Je ne cherchais plus rien chez l’Autre. Elle n’attendait de ses rencontres nocturnes qu’une nuit éphémère.
Nous n’avions pas un seul point commun cependant personne n’aurait pu savoir que notre pire ennemi serait notre nationalité.
J’étais Française, elle, Libanaise.
Un an durant, nous nous sommes apprivoisées jusqu’à nous aimer, à vouloir bâtir une existence commune.
Personne n’a voulu croire en notre union tant j’étais le jour, et elle la nuit. Nous avons subi les remarques, les messes basses, les « De quoi vous pouvez bien parler le soir avant de vous coucher ? »
Nous avons traversé des épreuves difficiles pour un couple oubliant le passage de la passion pour celui de la raison.
Le jour où nous avons appris que New-York serait sa prochaine destination, quelle extase ! Des rires mélangés à une pointe de peur.
Cette peur qui ne me quitterait plus.
Nous avions décidé de partir ensemble, de nous pacser pour que j’obtienne également un visa de travail.
A quelques jours de l’heureux événement, je reçois un mail de l’ambassade Américaine de Paris. « Le visa dont bénéficie automatiquement le conjoint ne peut être délivré à un « concubin » ou dans le cadre d’un « Pacte Civil de Solidarité » (PACS), ce statut n’étant pas reconnu par la législation américaine. »
Le PACS français se révélant être le seul PACS au monde ne possédant aucune valeur aux Etats-Unis.
Le mariage pour tous, au coeur des débats, et pourtant toujours interdit. Nous comptions sur cette union pour demeurer ensemble l’une contre l’autre.
Si seulement la France ne nous séparait que par cette voie.
Une semaine après l’obtention de son doctorat, ma “femme” n’a plus de légitimité sur le sol français.
Un docteur expulsé.
L’interdiction de rester une semaine de plus dans mon pays pour préparer notre avenir.
Imaginez-vous un instant l’humiliation que peut ressentir mon amie après cinq années passées en France avec le plus grand respect et le plus grand amour envers notre République ?
Notre union n’existe pas aux yeux des lois et nous voilà séparées pour des questions de sexualité et de nationalité.
Qui a dit que nous étions tous citoyens du monde ?
Que celui-ci se lève et vienne me le dire en face.
A tous les décideurs de ce pays, il est temps de mettre un terme à nos tortures.
L’heure est venue de reconnaître notre existence, de protéger les enfants de votre pays.
Que nous soyons docteur, intermittent, politique, jardinier, prof, nous EXISTONS.
Nous sommes homosexuel(le)s, bisexuel(le)s, transsexuel(le)s, inclassables, nous sommes des êtres humains.
Vous ne pouvez plus nous séparer comme vous le faites.
Vous ne pouvez plus vous cacher derrière le PACS que vous avez instauré uniquement pour nous faire taire.
Le PACS n’est pas l’égal du mariage. Il est son ersatz.
Un soir, j’ai rencontré une femme dans un bar.
Ce soir-là, j’aimais encore mon pays.
Liberté, Egalité, Fraternité.
Coralie PROSPER
Scénariste/Réalisatrice
(le 29 novembre 2012)
J’avais vingt ans. Elle, dix de plus.
J’étais femme de ménage en attendant de travailler dans le cinéma.
Elle était à un an de passer son doctorat.
J’étais de gauche. Elle était Républicaine.
J’étais une artiste. Elle rêvait de cellules et de dissections.
J’étais athée. Elle était maronite.
Je ne cherchais plus rien chez l’Autre. Elle n’attendait de ses rencontres nocturnes qu’une nuit éphémère.
Nous n’avions pas un seul point commun cependant personne n’aurait pu savoir que notre pire ennemi serait notre nationalité.
J’étais Française, elle, Libanaise.
Un an durant, nous nous sommes apprivoisées jusqu’à nous aimer, à vouloir bâtir une existence commune.
Personne n’a voulu croire en notre union tant j’étais le jour, et elle la nuit. Nous avons subi les remarques, les messes basses, les « De quoi vous pouvez bien parler le soir avant de vous coucher ? »
Nous avons traversé des épreuves difficiles pour un couple oubliant le passage de la passion pour celui de la raison.
Le jour où nous avons appris que New-York serait sa prochaine destination, quelle extase ! Des rires mélangés à une pointe de peur.
Cette peur qui ne me quitterait plus.
Nous avions décidé de partir ensemble, de nous pacser pour que j’obtienne également un visa de travail.
A quelques jours de l’heureux événement, je reçois un mail de l’ambassade Américaine de Paris. « Le visa dont bénéficie automatiquement le conjoint ne peut être délivré à un « concubin » ou dans le cadre d’un « Pacte Civil de Solidarité » (PACS), ce statut n’étant pas reconnu par la législation américaine. »
Le PACS français se révélant être le seul PACS au monde ne possédant aucune valeur aux Etats-Unis.
Le mariage pour tous, au coeur des débats, et pourtant toujours interdit. Nous comptions sur cette union pour demeurer ensemble l’une contre l’autre.
Si seulement la France ne nous séparait que par cette voie.
Une semaine après l’obtention de son doctorat, ma “femme” n’a plus de légitimité sur le sol français.
Un docteur expulsé.
L’interdiction de rester une semaine de plus dans mon pays pour préparer notre avenir.
Imaginez-vous un instant l’humiliation que peut ressentir mon amie après cinq années passées en France avec le plus grand respect et le plus grand amour envers notre République ?
Notre union n’existe pas aux yeux des lois et nous voilà séparées pour des questions de sexualité et de nationalité.
Qui a dit que nous étions tous citoyens du monde ?
Que celui-ci se lève et vienne me le dire en face.
A tous les décideurs de ce pays, il est temps de mettre un terme à nos tortures.
L’heure est venue de reconnaître notre existence, de protéger les enfants de votre pays.
Que nous soyons docteur, intermittent, politique, jardinier, prof, nous EXISTONS.
Nous sommes homosexuel(le)s, bisexuel(le)s, transsexuel(le)s, inclassables, nous sommes des êtres humains.
Vous ne pouvez plus nous séparer comme vous le faites.
Vous ne pouvez plus vous cacher derrière le PACS que vous avez instauré uniquement pour nous faire taire.
Le PACS n’est pas l’égal du mariage. Il est son ersatz.
Un soir, j’ai rencontré une femme dans un bar.
Ce soir-là, j’aimais encore mon pays.
Liberté, Egalité, Fraternité.
Coralie PROSPER
Scénariste/Réalisatrice
(le 29 novembre 2012)
En tant que lesbienne, et doublement en tant que fille, j’ai l’impression que mon intelligence et mon intégrité d’esprit sont insultées plusieurs fois par jour.
J’ai 29 ans et j’ai mis longtemps à
admettre que j’étais lesbienne car j’avais tellement intégré les clichés
sur les lesbiennes qui soit-disant ressemblent à ceci ou cela, que je
me disais ‘Ben non, je ne peux pas être lesbienne en étant si féminine’.
Je pensais juste que j’avais un problème avec les hommes, alors je me suis mise en psychanalyse avec un type qui me sortait des propos vieux d'un siècle sur les homos qui n'auraient pas bien réussi leur Oedipe.
J’ai donc longtemps eu des préjugés contre moi-même à cause de tous les stéréotypes dont on nous abreuve de tous bords, qui ont un effet bien plus néfaste que l'on croit.
Je pense que j‘ai aussi passé pas mal de temps à me convaincre que j'étais hétéro car je ne voulais pas qu’on me désigne par ‘le mot en L’.
J’ai encore un peu de mal avec le mot ‘lesbienne’, toujours très connoté négativement.
Je ne connais pas beaucoup de lesbiennes qui aiment ce mot, et les gens ont tendance a l’éviter, à lui préférer des périphrases.
Dans ma famille par exemple, personne ne l'a jamais prononcé pour parler de moi, alors que tout le monde le pense très fort, mais pour eux ça sonne encore comme un nom de maladie.
C’est pourquoi j’ai écrit mon mémoire de recherche sur les représentations médiatiques des lesbiennes, juste pour faire raisonner ce mot devant un jury de la Sorbonne.
C'était libérateur de pouvoir dire et écrire dans un contexte universitaire "Je suis lesbienne".
Je suis en couple depuis trois ans avec une Grecque, et autant dire que le pays de Sappho était socialement plus avancé à l’Antiquité qu'aujourd'hui.
Quand on voit la situation actuelle des homosexuels, on a du mal à imaginer que Sappho n’a pas particulièrement fait scandale de son vivant.
La génération d’avant n’est pour la plupart pas sortie du placard, du coup cette génération ne le fait pas non plus par déférence pour l’ordre familial.
L’hypocrisie est de mise, selon l’argument que l’on entend pas mal ces temps-ci qu’un bon homosexuel est un homosexuel discret, que la visibilité n’est pas nécessaire et qu’on peut très bien vivre caché en fermant sa gueule.
Mais je fais l’expérience qu’une relation amoureuse qui veut s’installer dans la pérennité, après la période d’incubation fusionnelle, a besoin pour exister de bâtir des ponts avec le monde extérieur. C’est aussi cela qui nous fait exister en tant que couple.
Je pense que sans la pleine reconnaissance du monde extérieur, d’abord celle de nos familles et nos amis, puis celle de la société, sorte de 'miroir' structurant, on ne peut pas évoluer en tant que couple légitime, on reste confiné sur notre île.
Je vis donc avec une fille qui fait croire à ses parents que je suis un garçon.
Elle leur raconte notre vie telle qu’elle est, sauf qu’elle remplace ‘elle’ par ‘il’.
Quand ses parents sont venus lui rendre visite chez nous, j’ai du disparaitre.
Non seulement moi, mais aussi toutes mes affaires. On a aseptisé ma maison de toute trace de mon existence.
Mes amis ne comprennent pas pourquoi j’accepte ça, mais j’estime que le coming out est une chose vraiment intime, personne ne doit nous forcer ou nous dire quand ou comment.
Inutile de préciser cependant qu’à cause des circonstances extérieures, mon couple vacille sans arrêt.
La soeur de ma copine a mis deux ans à accepter de me rencontrer.
Quand elle m’a enfin vue, j’ai senti qu’elle me regardait à la dérobée, elle n’osait pas fixer mon regard, c’était un sentiment très particulier de sentir le poids de son fantasme sur les personnes ‘contre-nature’.
Elle avait du mal à s'approcher de moi, je n'arrive pas à comprendre ce qu'elle croyait à mon sujet.
A mon avis, la virulence du débat actuel montre combien les opposants au mariage nagent encore en plein fantasme.
On sent à quel point ils veulent que les gays soient cantonnés à des pratiques sulfureuses.
Je trouve qu’on ne parle pas beaucoup de cet aspect dans le débat, qui à mon sens est central: le poids de ‘l’interdit’ sexuel sur l’imaginaire collectif.
J’ai lu le commentaire d’un type sur un forum qui disait très finement que ‘quand tout le monde sera devenu gay et se foutra divers objets dans le cul, ce sera la fin de l’humanité’.
Nous y voilà, le coeur du problème, c’est ce que les gays font avec leur cul.
Je trouve que le plus insupportable dans le débat actuel, et aussi en général dans ma vie de personne homosexuelle, c’est que les gens remettent toujours en question ma faculté de jugement.
Si je suis homosexuelle, c’est parce que j’ai un problème que je ne sais pas identifier, mais qu’eux isolent au premier coup d’oeil avec toute leur science.
Tous ces gens sortis de nulle part qui savent mieux que moi.
Comment les détracteurs du mariage gay peuvent-ils croire qu’on ne s’est pas posé avant eux et à longueur de journée pendant des années les questions qu’ils croient avoir inventées?
Comment peuvent-ils croire que l’ambition d’une vie ‘normale’ est un caprice, sans que l’on se soit posé mille fois les questions du comment et du pourquoi, et que l’on se soit maintes fois analysés beaucoup mieux qu’eux?
En tant que lesbienne, et doublement en tant que fille, j’ai l’impression que mon intelligence et mon intégrité d’esprit sont insultées plusieurs fois par jour.
Ma plus grosse difficulté aujourd’hui, en dehors de la condescendance, est de ne pas pouvoir me projeter dans l’avenir, de ne pas pouvoir faire de projets de vie parce que je ne sais jamais quand le monde extérieur aura raison de ma vie personnelle.
Un couple de filles demeure une entité socialement très fragile, surtout dans les moments extrêmes de la vie.
J’ai rencontré une femme qui témoignait que quand sa compagne est morte, la famille a demandé qu’on ne la mentionne pas à l’Eglise, et elle a dû se battre pour que son nom apparaisse sur le certificat de décès.
Au quotidien, être lesbienne est plus ou moins gérable, mais il y a toujours au-dessus de nous l'épée de Damoclès des situations extrêmes où les familles sont très rarement du côté de la compagne.
Je sais que le mariage pour tous finira par passer, et que la question des enfants finira par rentrer dans les moeurs, même si visiblement il faudra le faire rentrer de force dans le crâne de certains. Quand on voit le tollé qu’a provoqué le PACS il y a 13 ans, et que maintenant tous les anti-mariage trouvent ça formidable et l'utilisent comme argument contre les homos (en disant qu'on leur a accordé ça et qu'ils n'ont pas besoin de plus), il me semble évident que le mariage pour tous suivra le même chemin, mais au lieu que cela se fasse simplement, il faut se battre bec et ongle pour le moindre pas en avant.
Le déferlement de propos haineux et orduriers qui fleurissent chaque jour dans les médias m’a fait réaliser combien, pour beaucoup de gens, je suis une citoyenne de seconde zone dans mon propre pays.
Je savais que tout n’était pas gagné, mais je ne me doutais pas qu’en France on en était à un tel niveau de bêtise et d’ignorance crasse.
Je pense que pour la jeune génération d'homosexuels qui est en train de se structurer et qui a toute sa vie personnelle et sociale à construire, c'est très démoralisant d'assister à tout ça.
J'ai confiance que les choses évolueront, mais je ne sais pas si de mon vivant on me foutra la paix avec ça."
Soline
Je pensais juste que j’avais un problème avec les hommes, alors je me suis mise en psychanalyse avec un type qui me sortait des propos vieux d'un siècle sur les homos qui n'auraient pas bien réussi leur Oedipe.
J’ai donc longtemps eu des préjugés contre moi-même à cause de tous les stéréotypes dont on nous abreuve de tous bords, qui ont un effet bien plus néfaste que l'on croit.
Je pense que j‘ai aussi passé pas mal de temps à me convaincre que j'étais hétéro car je ne voulais pas qu’on me désigne par ‘le mot en L’.
J’ai encore un peu de mal avec le mot ‘lesbienne’, toujours très connoté négativement.
Je ne connais pas beaucoup de lesbiennes qui aiment ce mot, et les gens ont tendance a l’éviter, à lui préférer des périphrases.
Dans ma famille par exemple, personne ne l'a jamais prononcé pour parler de moi, alors que tout le monde le pense très fort, mais pour eux ça sonne encore comme un nom de maladie.
C’est pourquoi j’ai écrit mon mémoire de recherche sur les représentations médiatiques des lesbiennes, juste pour faire raisonner ce mot devant un jury de la Sorbonne.
C'était libérateur de pouvoir dire et écrire dans un contexte universitaire "Je suis lesbienne".
Je suis en couple depuis trois ans avec une Grecque, et autant dire que le pays de Sappho était socialement plus avancé à l’Antiquité qu'aujourd'hui.
Quand on voit la situation actuelle des homosexuels, on a du mal à imaginer que Sappho n’a pas particulièrement fait scandale de son vivant.
La génération d’avant n’est pour la plupart pas sortie du placard, du coup cette génération ne le fait pas non plus par déférence pour l’ordre familial.
L’hypocrisie est de mise, selon l’argument que l’on entend pas mal ces temps-ci qu’un bon homosexuel est un homosexuel discret, que la visibilité n’est pas nécessaire et qu’on peut très bien vivre caché en fermant sa gueule.
Mais je fais l’expérience qu’une relation amoureuse qui veut s’installer dans la pérennité, après la période d’incubation fusionnelle, a besoin pour exister de bâtir des ponts avec le monde extérieur. C’est aussi cela qui nous fait exister en tant que couple.
Je pense que sans la pleine reconnaissance du monde extérieur, d’abord celle de nos familles et nos amis, puis celle de la société, sorte de 'miroir' structurant, on ne peut pas évoluer en tant que couple légitime, on reste confiné sur notre île.
Je vis donc avec une fille qui fait croire à ses parents que je suis un garçon.
Elle leur raconte notre vie telle qu’elle est, sauf qu’elle remplace ‘elle’ par ‘il’.
Quand ses parents sont venus lui rendre visite chez nous, j’ai du disparaitre.
Non seulement moi, mais aussi toutes mes affaires. On a aseptisé ma maison de toute trace de mon existence.
Mes amis ne comprennent pas pourquoi j’accepte ça, mais j’estime que le coming out est une chose vraiment intime, personne ne doit nous forcer ou nous dire quand ou comment.
Inutile de préciser cependant qu’à cause des circonstances extérieures, mon couple vacille sans arrêt.
La soeur de ma copine a mis deux ans à accepter de me rencontrer.
Quand elle m’a enfin vue, j’ai senti qu’elle me regardait à la dérobée, elle n’osait pas fixer mon regard, c’était un sentiment très particulier de sentir le poids de son fantasme sur les personnes ‘contre-nature’.
Elle avait du mal à s'approcher de moi, je n'arrive pas à comprendre ce qu'elle croyait à mon sujet.
A mon avis, la virulence du débat actuel montre combien les opposants au mariage nagent encore en plein fantasme.
On sent à quel point ils veulent que les gays soient cantonnés à des pratiques sulfureuses.
Je trouve qu’on ne parle pas beaucoup de cet aspect dans le débat, qui à mon sens est central: le poids de ‘l’interdit’ sexuel sur l’imaginaire collectif.
J’ai lu le commentaire d’un type sur un forum qui disait très finement que ‘quand tout le monde sera devenu gay et se foutra divers objets dans le cul, ce sera la fin de l’humanité’.
Nous y voilà, le coeur du problème, c’est ce que les gays font avec leur cul.
Je trouve que le plus insupportable dans le débat actuel, et aussi en général dans ma vie de personne homosexuelle, c’est que les gens remettent toujours en question ma faculté de jugement.
Si je suis homosexuelle, c’est parce que j’ai un problème que je ne sais pas identifier, mais qu’eux isolent au premier coup d’oeil avec toute leur science.
Tous ces gens sortis de nulle part qui savent mieux que moi.
Comment les détracteurs du mariage gay peuvent-ils croire qu’on ne s’est pas posé avant eux et à longueur de journée pendant des années les questions qu’ils croient avoir inventées?
Comment peuvent-ils croire que l’ambition d’une vie ‘normale’ est un caprice, sans que l’on se soit posé mille fois les questions du comment et du pourquoi, et que l’on se soit maintes fois analysés beaucoup mieux qu’eux?
En tant que lesbienne, et doublement en tant que fille, j’ai l’impression que mon intelligence et mon intégrité d’esprit sont insultées plusieurs fois par jour.
Ma plus grosse difficulté aujourd’hui, en dehors de la condescendance, est de ne pas pouvoir me projeter dans l’avenir, de ne pas pouvoir faire de projets de vie parce que je ne sais jamais quand le monde extérieur aura raison de ma vie personnelle.
Un couple de filles demeure une entité socialement très fragile, surtout dans les moments extrêmes de la vie.
J’ai rencontré une femme qui témoignait que quand sa compagne est morte, la famille a demandé qu’on ne la mentionne pas à l’Eglise, et elle a dû se battre pour que son nom apparaisse sur le certificat de décès.
Au quotidien, être lesbienne est plus ou moins gérable, mais il y a toujours au-dessus de nous l'épée de Damoclès des situations extrêmes où les familles sont très rarement du côté de la compagne.
Je sais que le mariage pour tous finira par passer, et que la question des enfants finira par rentrer dans les moeurs, même si visiblement il faudra le faire rentrer de force dans le crâne de certains. Quand on voit le tollé qu’a provoqué le PACS il y a 13 ans, et que maintenant tous les anti-mariage trouvent ça formidable et l'utilisent comme argument contre les homos (en disant qu'on leur a accordé ça et qu'ils n'ont pas besoin de plus), il me semble évident que le mariage pour tous suivra le même chemin, mais au lieu que cela se fasse simplement, il faut se battre bec et ongle pour le moindre pas en avant.
Le déferlement de propos haineux et orduriers qui fleurissent chaque jour dans les médias m’a fait réaliser combien, pour beaucoup de gens, je suis une citoyenne de seconde zone dans mon propre pays.
Je savais que tout n’était pas gagné, mais je ne me doutais pas qu’en France on en était à un tel niveau de bêtise et d’ignorance crasse.
Je pense que pour la jeune génération d'homosexuels qui est en train de se structurer et qui a toute sa vie personnelle et sociale à construire, c'est très démoralisant d'assister à tout ça.
J'ai confiance que les choses évolueront, mais je ne sais pas si de mon vivant on me foutra la paix avec ça."
Soline
Anne, ma soeur Anne*, n’as-tu vraiment rien vu venir ? Sérieux ?
Cela fait des semaines
que je m’interroge : Anne, ma soeur Anne, n’a-t-elle rien de mieux à
faire dans la vie que de militer contre le mariage des homos ?
Anne, ma soeur Anne, est catholique pratiquante.
Moi, je pratique le water-polo ; elle, la religion.
Chacun son truc.
Anne, ma soeur Anne, aimerait que tous les gens aient la même foi.
Moi, j’aimerais que tous les gens aient les mêmes droits.
Chacun son truc.
Jusqu’à présent, il y avait un statu quo familial de chic entente entre soeurs : chacun son truc, chacune sa sexualité et la caravane passe.
Mais c’était sans compter avec LE DÉBAT de l’égalité des droits qui a fait naître des vocations militantes chez les accrocs de la croix : mères, pères, grands-parents, enfants, foetus ont enfin trouvé une occupation, que dis-je, un combat !
Notre-Dame-des-Landes ? Non, trop écolo.
La crise en Europe ? Quelle crise ?
La faim dans le monde ? Miss France occupe déjà le terrain.
La hausse du prix des céréales ? On s’en fout, Jésus distribuera des pains si besoin, et Marie-Antoinette des brioches.
Le nouveau combat d’Anne, ma soeur Anne, c’est de surtout NE PAS donner l’égalité des droits aux homosexuels.
Ah, on respire du côté des bénitiers ! Enfin une cible identifiée ! Enfin une lutte qui fait l’unanimité (ou presque**) face au péril que les homosexuels représentent pour toute l’humanité, ou du moins ce qu’il en reste.
Moi je n’avais même pas conscience que je menaçais l’humanité !
Et donc, je m’interroge. Et j’interroge Anne, ma soeur Anne : n’as-tu rien de mieux à faire pour t’occuper ? du shit à couper ? ou des hosties ? n’importe quoi plutôt que de t’en prendre aux homosexuels ?
Anne, ma soeur Anne, me répond gentiment qu’elle ne s’en prend à personne, qu’elle veut juste débattre parce qu’on a « le droit de débattre de tout ». Sûrement, mais ça doit être comme pour l’humour : pas avec n’importe qui. Par exemple, si ça lui chante, elle peut débattre avec Laurence pour savoir si les travailleurs coûtent trop cher aux patrons. Elle peut aussi débattre avec Jean-François pour savoir si les musulmans sont tous des voleurs de viennoiseries. Elle peut débattre avec Jésus pour savoir si elle aura le droit à la vie éternelle.
Mais non, elle ne débattra pas avec moi pour savoir si les homosexuels sont des citoyens comme les autres. Perso, ça fait longtemps que j’ai tranché et je considère qu’il faut être un peu neuneu ou complètement illuminé pour en être encore là.
Je lui explique donc qu’on débattra de mes droits le jour où l’on débattra des siens, le jour où des colloques de psys se réuniront pour savoir si elle est apte à élever ses gosses, le jour où l’Assemblée nationale auditionnera des pédales pour savoir si on autorise les croyants à se marier au lieu d’auditionner des curés et autres gourous pour savoir si les homos le peuvent – voire, soyons folles, le jour où le Pape prendra l’avis des femmes au sujet de l’avortement. Ce jour-là, ok, on débattra.
Anne, ma soeur Anne, trouve alors que j’exagère ! « Je ne t’impose rien », se défend-elle… C’est tellement simple pour elle de se dédouaner, de se croire innocente, de se penser victime de mon étroitesse d’esprit. Elle ne m’impose rien : c’est pour me protéger, moi et toute l’humanité, qu’elle voudrait que les homosexuels n’aient pas les mêmes droits que les autres.
Il y a encore quelques jours, j’avais espoir. Je me disais : Anne, ma soeur Anne, n’est pas bête, elle va comprendre que chaque article contre l’égalité dont elle se fait la porte-parole c’est autant de claques dans ma petite gueule de soeur lesbienne. Je me disais : elle va réaliser la violence de son insupportable béatitude, elle va accepter que je ne puisse plus supporter d’encaisser et de devoir me justifier de vouloir des droits.
Et ben non.
Le litre qui a fait déborder mon vase de sérénité, c’est un article intitulé : « La souffrance n’excuse rien ».
L’article d’une sainte-nitouche qu’Anne ma soeur Anne place presque au rang d’apôtre tant ses paroles sont remplies d’hypocrites bons sentiments et de vérités moyenâgeuses. Une sainte moderne qui nous explique pourquoi les homosexuels devraient tendre les deux joues et se faire soigner.
C’est là que je me suis dit que si Anne, ma soeur Anne, trouve intéressant de relayer des articles qui font l’apologie de la mauvaise foi et de l’homophobie, il va falloir qu’elle en assume les conséquences.
Dans l’article, l’auteure représente le Bien, les gens « de bonne volonté » qui se prennent des « tombereaux d’injures » juste parce qu’ils voulaient « argumenter et réfléchir ». Des victimes en somme.
Nous, les homosexuels, sommes le Mal, « agressifs », porteurs d’un « projet qui risque de précariser tous les couples », nous pratiquons « la violence, la méchanceté et le dénigrement » et n’avons que « l’insulte » à la bouche.
Que je refuse le dialogue avec ces personnes me paraît être une preuve de bonne santé mentale. J’ai expliqué à Anne ma soeur Anne, que je n’avais pas envie de me battre parce que je suis pour la paix dans le monde et dans les familles. Alors moi, leur guerre, à ces bien-pensants-pas-homophobes, je n’ai pas envie d’y participer. Leur croisade n’intéresse qu’eux (et encore pas tous !**).
Arrivée au terme de l’article, entraînée malgré moi dans le caniveau de la pensée religieuse, je me suis dit qu’il était grand temps que ça cesse quand j’ai lu la dernière baffe : « Vous voulez "l’égalité"... ? Montrez que vous êtes des citoyens comme les autres. »
Non, mon ex-chère soeur Anne, je n’ai pas à te montrer que je suis une citoyenne comme les autres. Non mais pour qui tu te prends ?
Non, je ne garderai pas mes souffrances pour moi – celles que tu causes, tu comprends ? – juste pour ne pas heurter ta bonne conscience chrétienne.
Non, je n’argumenterai pas face à tant de bêtise et de violence.
Non, je ne me tairai plus pour maintenir un équilibre familial qui repose sur ma capacité à fermer ma gueule (qui me connaît sait que je n’ai pas de capacité à fermer ma gueule).
Non, je ne protégerai plus cette famille qui me refuse le droit à fonder la mienne.
Non, je ne viendrai plus aux réunions de famille où l’on se sourit tous alors que dans l’ombre de ton église tu renies mes droits.
Non, je ne supporterai plus votre homophobie sous prétexte que vous êtes mes proches.
Non, je n’aurai plus peur de me faire traiter d’excitée, de gauchiste, de terroriste de la pensée, de mécréante ou de déviante, juste parce que je tente de résister à des attaques immondes, violentes et dévastatrices, et que je n’ai pas envie que vous décidiez du niveau d’humanité que vous allez m’accorder. À distinguer les humains de plein droit que vous seriez des sous-humains que seraient tous les autres, l’humanité, c’est vous qui la mettez en péril.
Non, vous n’avez pas le droit pour vous. Non, vous n’avez pas la raison pour vous. Non, vous n’avez pas la bonté pour vous. Non, vous n’avez pas la paix pour vous. Pour vous, vous n’avez que vos préjugés illuminés et coupés de l’humanité réelle. Gardez-les.
Non, je ne passerai pas Noël en ta compagnie ma soeur Anne.
Et ce qui m’étonne le plus dans tout cela, c’est que tu n’aies rien vu venir.
La p’tite Blan
Ta soeur biologique.
Réf * : Il se trouve que j’ai une soeur qui s’appelle Anne et qu’elle n’a rien vu venir. Mais bien entendu, toute ressemblance avec des membres de ma famille ou des vôtres est purement fortuite.
Réf ** : http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N31600
La magie de Noël vous berce-t-elle ? vous endort-elle ? ou vous tord-elle le ventre ?
Il en faut des trucages pour transformer tant de malaise, d'hypocrisie et de dégoût mal refoulé en une vaste féérie de guirlandes, de papiers cadeaux bigarrés, de chocolats et de rires d'enfants.
Tout cela à quel prix ? Pas seulement celui de la surconsommation folle. Celui aussi de votre dignité et de votre bonheur. Refusez tout ce gâchis.
Refusez de servir de caution-de-bonne-conscience ; refusez de nier votre vie et de vous mordre les gencives pour protéger leur joie égoïste ; refusez d'être la dinde de Noël ; refusez d'avaler la haine et la bêtise avec la bûche !
S'ils ne supportent pas, ne supportez plus. S'ils ne comprennent pas, n'essayez plus de comprendre : allez passer Noël ailleurs !
Moi, je pratique le water-polo ; elle, la religion.
Chacun son truc.
Anne, ma soeur Anne, aimerait que tous les gens aient la même foi.
Moi, j’aimerais que tous les gens aient les mêmes droits.
Chacun son truc.
Jusqu’à présent, il y avait un statu quo familial de chic entente entre soeurs : chacun son truc, chacune sa sexualité et la caravane passe.
Mais c’était sans compter avec LE DÉBAT de l’égalité des droits qui a fait naître des vocations militantes chez les accrocs de la croix : mères, pères, grands-parents, enfants, foetus ont enfin trouvé une occupation, que dis-je, un combat !
Notre-Dame-des-Landes ? Non, trop écolo.
La crise en Europe ? Quelle crise ?
La faim dans le monde ? Miss France occupe déjà le terrain.
La hausse du prix des céréales ? On s’en fout, Jésus distribuera des pains si besoin, et Marie-Antoinette des brioches.
Le nouveau combat d’Anne, ma soeur Anne, c’est de surtout NE PAS donner l’égalité des droits aux homosexuels.
Ah, on respire du côté des bénitiers ! Enfin une cible identifiée ! Enfin une lutte qui fait l’unanimité (ou presque**) face au péril que les homosexuels représentent pour toute l’humanité, ou du moins ce qu’il en reste.
Moi je n’avais même pas conscience que je menaçais l’humanité !
Et donc, je m’interroge. Et j’interroge Anne, ma soeur Anne : n’as-tu rien de mieux à faire pour t’occuper ? du shit à couper ? ou des hosties ? n’importe quoi plutôt que de t’en prendre aux homosexuels ?
Anne, ma soeur Anne, me répond gentiment qu’elle ne s’en prend à personne, qu’elle veut juste débattre parce qu’on a « le droit de débattre de tout ». Sûrement, mais ça doit être comme pour l’humour : pas avec n’importe qui. Par exemple, si ça lui chante, elle peut débattre avec Laurence pour savoir si les travailleurs coûtent trop cher aux patrons. Elle peut aussi débattre avec Jean-François pour savoir si les musulmans sont tous des voleurs de viennoiseries. Elle peut débattre avec Jésus pour savoir si elle aura le droit à la vie éternelle.
Mais non, elle ne débattra pas avec moi pour savoir si les homosexuels sont des citoyens comme les autres. Perso, ça fait longtemps que j’ai tranché et je considère qu’il faut être un peu neuneu ou complètement illuminé pour en être encore là.
Je lui explique donc qu’on débattra de mes droits le jour où l’on débattra des siens, le jour où des colloques de psys se réuniront pour savoir si elle est apte à élever ses gosses, le jour où l’Assemblée nationale auditionnera des pédales pour savoir si on autorise les croyants à se marier au lieu d’auditionner des curés et autres gourous pour savoir si les homos le peuvent – voire, soyons folles, le jour où le Pape prendra l’avis des femmes au sujet de l’avortement. Ce jour-là, ok, on débattra.
Anne, ma soeur Anne, trouve alors que j’exagère ! « Je ne t’impose rien », se défend-elle… C’est tellement simple pour elle de se dédouaner, de se croire innocente, de se penser victime de mon étroitesse d’esprit. Elle ne m’impose rien : c’est pour me protéger, moi et toute l’humanité, qu’elle voudrait que les homosexuels n’aient pas les mêmes droits que les autres.
Il y a encore quelques jours, j’avais espoir. Je me disais : Anne, ma soeur Anne, n’est pas bête, elle va comprendre que chaque article contre l’égalité dont elle se fait la porte-parole c’est autant de claques dans ma petite gueule de soeur lesbienne. Je me disais : elle va réaliser la violence de son insupportable béatitude, elle va accepter que je ne puisse plus supporter d’encaisser et de devoir me justifier de vouloir des droits.
Et ben non.
Le litre qui a fait déborder mon vase de sérénité, c’est un article intitulé : « La souffrance n’excuse rien ».
L’article d’une sainte-nitouche qu’Anne ma soeur Anne place presque au rang d’apôtre tant ses paroles sont remplies d’hypocrites bons sentiments et de vérités moyenâgeuses. Une sainte moderne qui nous explique pourquoi les homosexuels devraient tendre les deux joues et se faire soigner.
C’est là que je me suis dit que si Anne, ma soeur Anne, trouve intéressant de relayer des articles qui font l’apologie de la mauvaise foi et de l’homophobie, il va falloir qu’elle en assume les conséquences.
Dans l’article, l’auteure représente le Bien, les gens « de bonne volonté » qui se prennent des « tombereaux d’injures » juste parce qu’ils voulaient « argumenter et réfléchir ». Des victimes en somme.
Nous, les homosexuels, sommes le Mal, « agressifs », porteurs d’un « projet qui risque de précariser tous les couples », nous pratiquons « la violence, la méchanceté et le dénigrement » et n’avons que « l’insulte » à la bouche.
Que je refuse le dialogue avec ces personnes me paraît être une preuve de bonne santé mentale. J’ai expliqué à Anne ma soeur Anne, que je n’avais pas envie de me battre parce que je suis pour la paix dans le monde et dans les familles. Alors moi, leur guerre, à ces bien-pensants-pas-homophobes, je n’ai pas envie d’y participer. Leur croisade n’intéresse qu’eux (et encore pas tous !**).
Arrivée au terme de l’article, entraînée malgré moi dans le caniveau de la pensée religieuse, je me suis dit qu’il était grand temps que ça cesse quand j’ai lu la dernière baffe : « Vous voulez "l’égalité"... ? Montrez que vous êtes des citoyens comme les autres. »
Non, mon ex-chère soeur Anne, je n’ai pas à te montrer que je suis une citoyenne comme les autres. Non mais pour qui tu te prends ?
Non, je ne garderai pas mes souffrances pour moi – celles que tu causes, tu comprends ? – juste pour ne pas heurter ta bonne conscience chrétienne.
Non, je n’argumenterai pas face à tant de bêtise et de violence.
Non, je ne me tairai plus pour maintenir un équilibre familial qui repose sur ma capacité à fermer ma gueule (qui me connaît sait que je n’ai pas de capacité à fermer ma gueule).
Non, je ne protégerai plus cette famille qui me refuse le droit à fonder la mienne.
Non, je ne viendrai plus aux réunions de famille où l’on se sourit tous alors que dans l’ombre de ton église tu renies mes droits.
Non, je ne supporterai plus votre homophobie sous prétexte que vous êtes mes proches.
Non, je n’aurai plus peur de me faire traiter d’excitée, de gauchiste, de terroriste de la pensée, de mécréante ou de déviante, juste parce que je tente de résister à des attaques immondes, violentes et dévastatrices, et que je n’ai pas envie que vous décidiez du niveau d’humanité que vous allez m’accorder. À distinguer les humains de plein droit que vous seriez des sous-humains que seraient tous les autres, l’humanité, c’est vous qui la mettez en péril.
Non, vous n’avez pas le droit pour vous. Non, vous n’avez pas la raison pour vous. Non, vous n’avez pas la bonté pour vous. Non, vous n’avez pas la paix pour vous. Pour vous, vous n’avez que vos préjugés illuminés et coupés de l’humanité réelle. Gardez-les.
Non, je ne passerai pas Noël en ta compagnie ma soeur Anne.
Et ce qui m’étonne le plus dans tout cela, c’est que tu n’aies rien vu venir.
La p’tite Blan
Ta soeur biologique.
Réf * : Il se trouve que j’ai une soeur qui s’appelle Anne et qu’elle n’a rien vu venir. Mais bien entendu, toute ressemblance avec des membres de ma famille ou des vôtres est purement fortuite.
Réf ** : http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2012N31600
PS : Nous ne passerons plus Noël en famille.
Appel aux homosexuelLEs qui ne supportent plus de supporter, à différents degrés, l'homophobie ordinaire ou fabuleuse, lancinante ou criarde, cassante ou mielleuse mais toujours violente, de leurs « vraies familles normales et saines ».La magie de Noël vous berce-t-elle ? vous endort-elle ? ou vous tord-elle le ventre ?
Il en faut des trucages pour transformer tant de malaise, d'hypocrisie et de dégoût mal refoulé en une vaste féérie de guirlandes, de papiers cadeaux bigarrés, de chocolats et de rires d'enfants.
Tout cela à quel prix ? Pas seulement celui de la surconsommation folle. Celui aussi de votre dignité et de votre bonheur. Refusez tout ce gâchis.
Refusez de servir de caution-de-bonne-conscience ; refusez de nier votre vie et de vous mordre les gencives pour protéger leur joie égoïste ; refusez d'être la dinde de Noël ; refusez d'avaler la haine et la bêtise avec la bûche !
S'ils ne supportent pas, ne supportez plus. S'ils ne comprennent pas, n'essayez plus de comprendre : allez passer Noël ailleurs !
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